Blogue

Jeux olympiques: pourquoi la promotion de malbouffe et de boissons sucrées est-elle encore permise?

Corinne VoyerCorinne Voyer
Coalition Poids
7 février 2014

Au Canada, il est interdit d'associer le tabac à un événement sportif en raison de sa nocivité pour la santé et de l’impact démontré du marketing sur la consommation. Pourquoi alors est-il encore permis de faire largement la promotion de malbouffe et de boissons sucrées dans ces mêmes événements?

Biscuits

Les Jeux olympiques, spectacle sportif mondial, sont l’occasion de vivre des émotions fortes en accompagnant les athlètes les plus performants du monde dans leur passion et leurs exploits.

Cet événement nous permet d’être témoins de compétitions marquant l’apogée d’années d’efforts, de sacrifices et de discipline, en dévoilant le sport de haut niveau dans ses plus beaux attributs.

Les Jeux olympiques, c’est aussi l’occasion pour l’industrie de la malbouffe de profiter de cette frénésie pour se graver une place dans l’esprit des spectateurs. Afin de maximiser les ventes, l’industrie associe ses produits aux moments excitants, aux élans affectifs de solidarité et de fierté ainsi qu’aux valeurs véhiculées par le sport.

Une fois de plus, Coca-Cola et McDonald's sont partenaires mondiaux des Jeux olympiques de Sotchi, pendant que Christie, General Mills et Cadbury s’affichent comme des supporteurs officiels de l’équipe canadienne olympique.

Dans nos épiceries, nos athlètes apparaissent sur des boîtes de Reese Puffs, de Cheerios au chocolat et de Lucky Charms aux côtés du message « Encourager pour l’or! » et des célèbres anneaux olympiques, symbolisant les valeurs d’excellence, d’épanouissement de l’être humain et de plaisir.

On trouve des boîtes de biscuits qui portent le slogan « Fierté et joie », notamment sur les Oreo, Feuille d’érable et Ritz où le biscuit se transforme en médaille olympique. On nous propose des tuques à l’effigie du bonhomme Pillsbury qui fait de la planche, des canettes de Coca-Cola arborent une feuille d’érable dorée, etc.

Bref, l’industrie en profite pour vendre une multitude d’aliments peu intéressants sur le plan nutritif, utilisant la notoriété de nos athlètes, modèles de santé physique bénéficiant de l’amour du public et de l’importante vitrine olympique. Cette stratégie de marketing a été démontrée très efficace pour vendre plus, expliquant pourquoi l’industrie y investit autant...

L’association entre le sport et la malbouffe envoie un message contradictoire, en plus de conférer un halo santé trompeur aux aliments mis en vedette qui banalise la surconsommation de malbouffe.

Pourquoi alors est-il permis de faire largement la promotion de malbouffe et de boissons sucrées dans ces mêmes événements? Qu’en pensez-vous?

 

Nos blogueurs

Sylvie Bernier

Ambassadrice Saines habitudes de vie
Québec en Forme


Denis Marion

Maire de Massueville
Vice-président du RQVVS


Marin Juneau

Cardiologue et directeur de la prévention
Institut de Cardiologie de Montréal


Stanley Vollant

Chirugien
Fondateur Innu Meshkenu


Jeanne Robin

Directrice générale adjointe
Vivre en Ville


Jean-Claude Moubarac

Anthropologue et chercheur
en nutrition publique
Université de Montréal


Stéphanie Côté

Stéphanie Côté

Nutritionniste
Extenso / Nos Petits Mangeurs


Suzanne Lareau

Suzanne Lareau

Présidente-directrice générale
Vélo Québec