Aménager les quartiers pour encourager le jeu libre des enfants à l’extérieur

ruelle verte à Montréal

Résumé

Les faits

  • Les enfants sont sédentaires.
  • Les enfants jouent de moins en moins à l’extérieur.
  • Les parents sont souvent inquiets de laisser leurs enfants jouer à l’extérieur sans surveillance.
  • Le jeu libre des enfants à l'extérieur est associé à une pratique plus vigoureuse de l’activité physique.

Des pistes d’actions

  • Concevoir des rues et des quartiers qui donnent de l’espace pour le jeu libre.
  • Aménager, verdir et animer les ruelles.
  • Encourager les communautés à se réapproprier la rue avec des événements rassembleurs.

Table des matières

 

Les faits : portrait de la situation

1. Les enfants sont sédentaires

Les enfants canadiens ne sont pas suffisamment actifs. À peine 7 % d’entre eux respectent les nouvelles directives en matière d’activité physique (60 minutes d’activité physique d’intensité moyenne à vigoureuse par jour au moins 6 jours par semaine). Une plus grande proportion de garçons (9 %) que de filles (4 %) se conforme à ces directives. La majorité des enfants et des jeunes consacrent la plupart de leurs heures d’éveil à des activités sédentaires[1], comme la télévision ou les jeux vidéo.

2. Les jeux libres à l’extérieur, de moins en moins pratiqués par les enfants

Au Québec, les enfants et les adolescents consacrent de moins en moins de temps à la pratique d’activités physiques, sportives ou non sportives, comme le soulignent Kino-Québec[2] et la Direction de la santé publique de Montréal :

« Au Québec, en 2004, plus de 1 garçon de 6 à 11 ans sur 4 (26,5 %) et près de 1 fille sur 2 (49,2 %) consacraient moins de 7 heures par semaine à des activités physiques d’intensité moyenne ou élevée durant leurs loisirs.

Chez les jeunes de 12 à 17 ans, en 2007-2008, près de 1 garçon sur 2 (47,5 %) et près de 2 filles sur 3 (64,7 %) ne franchissaient pas ce seuil. »[3]

Au Canada, de 2000 à 2010, la proportion des enfants et des adolescents qui jouaient dehors après l’école a nettement diminué : elle est passée de 74 % à 64 %. Même tendance au chapitre des activités physiques et sportives non organisées : 68 % des jeunes en pratiquaient en 2000, contre 62 % en 2010[4].

Cette tendance a d’abord été constatée chez nos voisins américains. Une vaste étude intitulée Changes in American Children’s Time[5] (1981-1997) révèle que le temps consacré aux jeux libres par les jeunes Américains a baissé de 12 % (un peu plus de 7 heures par semaine) entre les années 1980 et les années 1990. La tendance se maintient, car à la suite de la mise à jour de cette même étude[6], les auteurs ont noté une réduction supplémentaire de 4 % entre 1997 et 2003.

3. La sécurité réelle et perçue des parents concernant le libre jeu des enfants à l’extérieur

De nombreuses études à travers le monde démontrent que la manière dont les parents perçoivent l’environnement immédiat de leur lieu de résidence a une incidence sur la pratique d’activités physiques chez leurs enfants[7]. Il semble que, avec le temps, les enfants perdent le privilège des déplacements autonomes (traduction libre d'independant mobility)[8], c’est-à-dire la possibilité de jouer aux alentours de leur demeure sans surveillance.

Le facteur de risque que les parents citent le plus souvent concerne la peur de l’étranger (traduction libre de stranger danger effect)[9][10] autrement dit la crainte de l’enlèvement.

Cette perception du danger n’est bien sûr pas confirmée par les faits puisque statistiquement, c’est la densité de la circulation automobile qui met le plus à risque les enfants.

Le journaliste François Cardinal s’est penché sur cet enjeu dans son livre Perdus sans la nature[11]. Voici ce qu’il note à ce sujet :

 C'est ainsi que l'indépendance des enfants n’a cessé de diminuer depuis 30 ans. Une étude comparant les habitudes des jeunes Britanniques de 7 à 11 ans, d'hier à aujourd'hui, révèle que 66 % pouvaient utiliser leur vélo dans la rue en 1971, mais qu'ils étaient à peine 25 % à pouvoir faire la même chose en 1990. Fait intéressant, on précise également, dans cette enquête menée par le Dr Mayer Hillman[12], que les permissions accordées à un enfant de 7 ans en 1971 équivalaient 20 ans plus tard à celles d'un enfant de 9 ans et demi. 

Cette situation n’a cessé de se dégrader au point où les enfants ont de moins en moins l’occasion de jouer librement dans les rues et les ruelles, mais aussi de marcher pour se rendre à l’école (à ce sujet, voir nos fiches Le transport actif vers l’école : une occasion en or de faire bouger les jeunes! et Environnement bâti et mode de vie actif) ou pour aller pratiquer des activités organisées. Soit qu’ils empruntent l’autobus scolaire soit leurs parents vont les reconduire en voiture, ce qui ajoute à la densité de circulation automobile.

4. Le jeu libre extérieur, associé à une pratique plus vigoureuse de l’activité physique

Selon une étude, menée en Grande-Bretagne, on constate chez les jeunes, avec le temps, une diminution du jeu libre au profit des activités organisées. Or, sans remettre en question le bien-fondé des activités organisées, l’étude fait remarquer que les enfants brûlent encore plus de calories par minute dans le jeu libre[13].

Dans son livre Perdus sans la nature, François Cardinal cite notamment une lettre publiée dans un journal londonien dans laquelle 270 experts se positionnent clairement en faveur du jeu libre à l’extérieur :

« Le jeu — particulièrement à l'extérieur : non structuré et peu surveillé — est vital dans le développement de la santé et du bien-être des enfants. »[14]

À l’heure actuelle, même si l’on soupçonne que le manque d’activités physiques exercées à l’extérieur par les jeunes peut contribuer à l’épidémie d’obésité, les études[15][16] ne nous permettent pas encore de tirer des conclusions claires en ce sens. Pour des raisons méthodologiques, et parce que ces études sont encore rares et trop récentes, elles ne nous permettent pas d’établir de liens de cause à effet.

Pistes d'actions

Une étude publiée en juin 2009 dans la revue officielle de l'American Academy of Pediatrics[18] démontre que l'urbanisme peut servir d’outil de santé publique.

Selon les chercheurs, l'aménagement des quartiers peut favorablement inciter les enfants à jouer dehors et à participer à des activités non structurées. Ce qui se traduit par des rues où la circulation est limitée, des trottoirs qui permettent la marche, et l’aménagement de parcs et d’espaces verts (à ce sujet, voir notre fiche Aménager des parcs pour faire bouger les jeunes).

Voici une série d’interventions prometteuses et même novatrices pour encourager le jeu libre et actif des enfants à l’extérieur. Cependant, nos recherches ne nous ont pas permis de trouver des études et des évaluations concernant ces mesures.

Concevoir des quartiers qui encouragent le jeu libre à l'extérieur

Les rues partagées

Particulièrement en Amérique du Nord, la rue appartient aux voitures. Pourtant, inspirées par des expériences européennes, s’implantent de nouvelles initiatives destinées à partager équitablement la voie publique entre les voitures, les cyclistes, les piétons et les enfants : les rues partagées. Différents scénarios d’aménagement sont possibles, comme les woonerfs, les zones de rencontre et les Homes Zones.

Les « woonerfs »

Le terme woonerf signifie cour résidentielle. Il s’agit d’un aménagement de la rue visant à améliorer la qualité des quartiers résidentiels en accordant la priorité à la fonction habitat plutôt qu’à la circulation motorisée. Apparu aux Pays-Bas vers la fin des années 1960, ce type d’aménagement suscite un nouvel engouement depuis quelques années. Toutefois, le woonerf demeure peu répandu au Québec[19]. Un exemple tout récent, particulièrement réussi, pave toutefois la voie à l’aménagement d’autres exemples du genre : le woonerf Saint-Pierre, dans le quartier Verdun à Montréal (voir plus bas dans notre section Projets et réalisations). Revitalisé grâce aux efforts concertés des citoyens et de la Municipalité, cet endroit autrefois lugubre est devenu un lieu de prédilection pour pratiquer des sports tels que la planche à roulettes et le vélo (lire notre nouvelle : Le woonerf Saint-Pierre inauguré : un îlot de fraîcheur dédié aux saines habitudes de vie.

le woonerf Saint-Pierre, à Montréal

Le woonerf Saint-Pierre « avant » et « après »

Les « zones de rencontre »

Les zones de rencontre constituent un autre scénario d’aménagement qui se base sur le concept des rues partagées. Il s’agit ici de transformer des tronçons de rues commerciales ou résidentielles en apaisant la circulation automobile de manière à les rendre plus conviviales pour les autres usagers, comme les piétons et les cyclistes. Même si l’objectif de ces projets n’est pas directement d’encourager le jeu actif des enfants, il n’en demeure pas moins que ce type d’aménagement peut accroître le sentiment de sécurité des parents et, par le fait même, la possibilité de laisser les enfants résidant dans ces quartiers de jouer librement à l’extérieur.

panneaux de circulation À Québec par exemple, les piétons pourraient bientôt prendre le pas sur les voitures dans les rues Sainte-Claire et Sault-au-Matelot[20]. Ce projet pilote devait être testé pendant 1 an à partir de l'automne 2013, dès que le ministère des Transports (MTQ) aura donné son approbation finale. Les voitures auront le droit d’emprunter ces rues, mais la limite de vitesse sera fixée à seulement 20 km/h. Signe des temps, le MTQ a déjà conçu les nouveaux panneaux de circulation pour cette occasion (voir ci-contre).

D’autres municipalités, comme Chambly (rue de Richelieu) et Sorel-Tracy (rue Augusta) ont également aménagé des tronçons de rues en s'inspirant du concept des zones de rencontre, afin de limiter la circulation automobile et de faire une plus grande place aux piétons.

Les « Home zones »

Le concept du Home Zone repose sur le réaménagement systématique de « rues partagées » dans les quartiers résidentiels de manière à réduire la densité de la circulation et la vitesse limite des véhicules. Dans ce type de rues partagées, les voitures ont le droit de circuler, mais à la vitesse de la marche.

ruelle verte à Montréal

Dans différents pays d’Europe, notamment en Angleterre, on retrouve ce type de quartiers résidentiels aménagés de manière à mieux partager la voie publique entre les piétons, les cyclistes et les véhicules motorisés.

Il n’existe pas de recette unique, car un tel réaménagement passe par un bouquet de mesures diverses, tel que l’installation de mobilier urbain, comme des bancs, des tables, des bacs de fleurs. Cela suppose aussi un rétrécissement des rues pour ne donner le passage qu’à un seul véhicule à la fois. Parfois, on fait même disparaître les trottoirs dans le but d’abolir la distinction entre l’espace piéton et l’espace voiture et ainsi bien marquer que la rue n’appartient plus aux voitures, mais à l’ensemble des habitants du quartier.

Le « Home Zone » se destine à favoriser la vie de quartier pour tous. Ainsi, les enfants peuvent y trouver aussi leur compte. C’est d’ailleurs ce que semblent confirmer les travaux de recherche de Tim Gill de l’Université du Colorado. Ses études sur les « Home zones » britanniques ont effectivement démontré que ces aménagements urbains permettent aux enfants de jouer davantage à l’extérieur, parce que le sentiment de sécurité réelle et perçue des parents est augmenté[21][22]. Il faut toutefois mentionner que ce type d’aménagement peut être très coûteux et ne fait pas toujours l’unanimité en raison des nombreuses contraintes qu’il peut susciter. À titre d’exemple, les véhicules d’urgence y circulent moins aisément. Il s’agit d’une approche sectorielle d’apaisement de la circulation qui génère de nombreux bénéfices, mais qui comporte aussi certains désavantages.

Des culs-de-sac sécuritaires, propices aux activités libres des enfants et des adolescents

Plusieurs études[23][24][25] constatent que les culs-de-sac favorisent les activités libres chez les jeunes, particulièrement chez les adolescents, en leur offrant un espace plus sécuritaire pour jouer au hockey ou faire de la planche à roulettes, par exemple. Dans un avis scientifique publié en 2011, Kino-Québec souligne que la présence de culs-de-sac encourage la pratique non structurée d’activités physiques des jeunes enfants, en diminuant les risques reliés à la circulation automobile et, par le fait même, le sentiment d’insécurité des parents[26].

Les culs-de-sac ne font toutefois pas l’unanimité puisqu’ils ont la réputation de ne pas favoriser les déplacements à pied vers les parcs et les aires de jeux, à l’exception des cas où ils sont ouverts par des passages piétonniers. Or, certaines de ces études[27] constatent d’une part que les accès faciles aux parcs n’influencent pas la pratique d’activités physiques chez les adolescents, contrairement aux enfants et aux adultes. D’autre part, la marche ne représente pas une grande proportion de l’activité physique des adolescents. Ils préfèrent nettement les activités libres ou organisées pour dépenser leur énergie.

Aménager, verdir et animer les ruelles

La ruelle : un fabuleux terrain de jeu

Tout particulièrement à Montréal, mais aussi dans quelques quartiers de la ville de Québec et d’autres municipalités québécoises, les ruelles ont longtemps représenté un territoire de jeu de prédilection pour des générations d’enfants.

Pendant des décennies, elles ont été investies par les enfants qui y jouaient 4 saisons par année, souvent sans surveillance. Mais la dégradation des lieux et l’utilisation de plus en plus importante de ces espaces par les automobiles les ont rendus peu sécuritaires pour les enfants.

La ruelle montréalaise

À Montréal, les ruelles font partie du quotidien. Elles courent dans presque tous les quartiers de Montréal, sur une longueur totale de 475 km. Leur concept, importé de Grande-Bretagne, est un élément caractéristique de l’urbanisme montréalais des années 1890-1930[28].

« Véritable emblème montréalais, la ruelle est l'espace qu'on retrouve à l'arrière des maisons et qui comprend non seulement l'espace privé (la cour ou le jardin), mais aussi l'espace public (la voie de circulation). On en dénombre environ 4 000 à Montréal qui desservent en moyenne 250 résidants, et parfois même jusqu'à 700 résidants pour de très longs îlots. La ruelle fait donc véritablement partie du paysage montréalais, puisqu'elle existe pour environ 75 % des citoyens[29]. »

  • Des ruelles vertes Depuis quelques années, une tendance inverse s’est amorcée : le verdissement des ruelles. Jusqu’ici, plus de 75 ruelles montréalaises ont été transformées en espaces de vie où il fait bon vivre, jouer et socialiser entre voisins[18][30][31][32][33][34]. La municipalité de Salaberry-de-Valleyfield a elle aussi entamé une opération de verdissement de certaines de ses ruelles[35]. Grâce à l’engagement des citoyens et l’implication de différents acteurs locaux, la végétation y reprend peu à peu ses droits et les ruelles redeviennent des lieux sécuritaires. De plus, c’est toute la communauté qui y gagne puisque ces ruelles revitalisées favorisent la création d’un réseau de solidarité entre voisins[36].
  • Des ruelles blanches Plus récemment, le concept de ruelle verte s’est élargi pour répondre à notre réalité hivernale avec la reconnaissance, par certaines autorités municipales, du bien-fondé des ruelles blanches[37]. En effet, les patinoires improvisées, que les résidents montréalais aménageaient de leur propre initiative, étaient jusque-là démantelées par les employés de la Ville, au grand dam des enfants et de leurs parents. Bien que l’arrondissement Villeray se propose de les tolérer, il reste des aspects légaux à examiner, en raison du fait que la Ville s’expose à des poursuites en cas de blessure puisqu’elle est responsable de cet espace public.

Des législations à revoir?

Les changements de mentalités appellent aussi à des changements législatifs. En effet, pour que les familles puissent se réapproprier pleinement les rues et les ruelles, les municipalités devront aussi faire des efforts pour revoir des règlementations parfois désuètes.

À ce titre, François Cardinal donne l’exemple du règlement 89, article 11 de la Ville de Saint-Lambert et qui stipule : « Pour obtenir la paix, l’ordre, le bien-être général et la sécurité des personnes, nulle personne n’aura le droit de se servir des rues, trottoirs ou places publiques pour des jeux. » Toujours selon Cardinal, la plupart des villes du Québec sont dotées d’un règlement similaire. Bref, non seulement les rues ne sont pas sécuritaires pour les enfants, mais il est en plus illégal pour eux d’y jouer...

Ruelles vertes 101

Dans un mémoire déposé dans le cadre de l’examen public Montréal, physiquement active, le Regroupement des éco-quartiers (REQ) présente une liste d’interventions et de mesures pour verdir les ruelles afin de les aménager en lieux conviviaux et propices à un mode de vie physiquement actif.

Le REQ propose notamment de « penser l’aménagement des ruelles vertes selon le principe des structures permanentes, temporaires et éphémères ». Ces structures visent non seulement à revégétaliser les ruelles, mais également à les rendre plus sécuritaires pour les enfants et les adultes qui les utilisent.

Voici quelques-unes de ces interventions et mesures, directement tirées de leur mémoire[27]. Il est toutefois important de noter que toutes ces mesures ne sont pas essentielles au jeu libre des enfants à l’extérieur, mais qu’il s’agit de pistes prometteuses pour encourager les enfants à se réapproprier ces terrains de jeu de prédilection que représentent les ruelles.

Structures permanentes

  • Planter des arbres, des arbustes, des plates-bandes et des potagers collectifs.
  • Convertir les ruelles en culs-de-sac ou en impasse en bloquant la circulation de transit par des barrières physiques (bacs à fleurs ou bacs d’agriculture urbaine).
  • Limiter la vitesse à 10 km/h et la circulation aux riverains, aux véhicules d’urgence, d’entretien et de maintenance.
  • Introduire des mesures d’apaisement de la circulation (ex. : dos d’âne).
  • Mettre sur pied des comités de ruelles.
  • Installer du mobilier pour le repos des marcheurs, des cyclistes, des skieurs et des raquetteurs (bancs, tables à pique-nique, fontaines d’eau).
  • La nuit, éclairer adéquatement les ruelles pour accroître le sentiment de sécurité réelle ou perçue.
  • Intégrer des occasions de jouer et de bouger dans les ruelles, comme du marquage au sol (pour des terrains de hockey ou de marelles par exemple) ou des surfaces minéralisées permettant aux ballons de rebondir.
  • Installer des hangars collectifs pour entreposer des équipements sportifs (des buts de hockey ou des vélos par exemple).
  • Installer des panneaux de signalisation indiquant qu’on se trouve dans une ruelle verte.

ruelle verte à Montréal

Structures temporaires

  • Installer des équipements ludiques et récréosportifs saisonniers (paniers de basket, balançoires, parcours à obstacles...).
  • L’hiver : entretenir des pistes de ski de fond, des patinoires ou des sentiers de raquettes.
  • L’été : pratiquer l’agriculture urbaine en plantant des arbres et des arbustes fruitiers, des fines herbes, des plants de légumes ou de petits fruits.

Structures éphémères

  • Favoriser la participation citoyenne par l’organisation d’animations : journées de plantations, fêtes de ruelle, olympiades, tournois, projections de films, 5 à 7 entre voisins...
  • Au-delà de l’aménagement de ces structures, le regroupement des éco-quartiers encourage également les parents-riverains des ruelles à aider les enfants à se réapproprier ces espaces en se partageant la surveillance des enfants.
  • L’abaissement de la hauteur des clôtures permet également d’accroître le sentiment de sécurité des parents en leur permettant de voir et d’entendre davantage ce qui se passe dans la ruelle, sans qu’ils ne soient physiquement à côté des enfants.
  • Pour la liste complète des recommandations des Regroupements des éco-quartiers : www.eco-quartiers.org
  • L’arrondissement Mercier Hochelaga Maisonneuve, à Montréal, a aussi publié un guide d’implantation des ruelles vertes : www.info-yqq.com/GUIDE_RUELLES_VERTES.pdf. Les auteurs de ce guide soulignent tout spécialement l’importance de la concertation citoyenne. À ce titre, ils encouragent fortement la formation d’un comité de ruelle verte qui entreprendra avant toute autre démarche un processus de consultation des autres résidents-riverains. Il va sans dire que sans volonté collective des citoyens, le processus de verdissement d’une ruelle a en effet peu de chances de succès.

D'autres pistes d'actions

Les campagnes de sensibilisation sont d’autres pistes d’actions à envisager pour encourager le jeu libre des enfants. Au Québec et au Canada, on retrouve notamment les campagnes WIXX de Québec en Forme et Recommençons à jouer de ParticipAction qui visent toutes les deux à encourager les jeunes à demeurer physiquement actifs[38]

Encourager les communautés à se réapproprier la rue avec des événements rassembleurs

Le concept des « rues ouvertes » (Open Streets) pour des événements rassembleurs

Le concept de rue ouverte est une réappropriation par les piétons, les enfants et les sportifs de rues temporairement fermées à la circulation automobile pour la tenue de journées spéciales.

Quelques exemples

À Bogota en Colombie, chaque dimanche et chaque jour férié depuis 1974, la municipalité ferme plus de 110 km de rue à la circulation automobile, pour les réserver aux citoyens qui sont libres d’y circuler à leur guise à pied, en patin ou à vélo. Les enfants peuvent ainsi y jouer librement, tout comme certains en profitent pour prendre des bains de soleil.

La ville de Tucson, en Arizona, fait partie des communautés qui se sont approprié cette tradition de Cyclovia, avec l’événement Cyclovia Tucson[39]. Deux journées par année, plusieurs rues de la ville sont fermées à la circulation automobile pour laisser le champ libre à la communauté de se réapproprier la rue autrement.

La Fête des voisins. Au Québec, depuis 2006, plus de 297 municipalités et organismes locaux ont commencé à implanter une joyeuse tradition, le deuxième samedi de juin : la Fête des voisins. Bien que la formule choisie diffère d’une communauté à l’autre, plusieurs profitent de cette occasion pour fermer des rues, ce qui laisse la possibilité aux enfants d’y jouer librement. Il est intéressant de noter que les bénéfices générés par ces festivités se perpétuent dans le temps, puisque ces rencontres amicales entre voisins renforcent les liens de solidarité entre voisins, ce qui accroît le sentiment de sécurité perçu par les parents. Les parents sécurisés, les enfants sont ainsi plus propices à pouvoir circuler et jouer librement dans leur quartier[40]. Pour en savoir plus sur la Fête des voisins : www.fetedesvoisins.qc.ca

Projets et réalisations


Projet Description Groupe d'âge Région Thèmes

Jamboree de basket et de hockey de rue

L’organisme En Forme-O-Lac propose un événement rassembleur dans la MRC Lac-Saint-Jean.

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En juin, à Alma, l’organisme En Forme-O-Lac propose un événement rassembleur : un grand tournoi de hockey et de basket de rue.

En 2013, une centaine de jeunes provenant de 7 municipalités environnantes ont pris part à cet événement, au cours duquel ils ont eu l’occasion de mesurer leurs compétences sportives avec d’autres jeunes de leurs âges, et avec des groupes d’adultes formés de parents et de résidents.

 

Info

Site web

418-668-8847

coordo@enformeolac.com

7-14 ans
Alma
Aménagement et urbanisme, Activité physique

Jeux de la Rue

Le projet montréalais Jeux de la rue vise à permettre aux jeunes de 12 à 24 ans de prendre part à des compétitions sportives amicales adaptées à leurs besoins et à leurs intérêts. 

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Ce projet base ses fondements dans la compréhension des besoins des jeunes en portant une attention particulière aux plus marginaux, issus des communautés culturelles et/ou provenant des milieux défavorisés.

En 2016, 10 arrondissements ont participé.

Chaque été, plus de 3000 jeunes sportifs participent à cet événement rassembleur qui se décline en 4 disciplines estivales : hockey cosom, basketball, soccer et cricket

Depuis 2015, un volet intérieur a lieu en hiver. Les jeunes peuvent participer à 6 disciplines : basketball, hockey cosom, hokey sur glace, soccer, danse battle et danse chorégraphiée.

Des compétitions préliminaires ont d’abord lieu dans les arrondissements pour déterminer et former les équipes qui les représenteront lors des finales inter-arrondissements.

Info

Site web

514-388-7336

Adolescents
Montréal
Activité physique

La Ruelle animée

La Ruelle animée est un projet mis en place par l’équipe du Dr Julien dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

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Exemple de réussite, le projet Ruelle animée, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, mis en place par l’équipe du Dr Julien, offre non seulement un lieu où les enfants peuvent jouer en plus grande sécurité, mais il sert aussi de lieu d’intervention privilégié auprès d’une clientèle jeunesse défavorisée.

Grâce à l’appui des résidents et de commanditaires, la ruelle située à l’arrière du centre Assistance d’enfants en difficulté (AED) a été littéralement transformée en terrain de jeux amusant et sécuritaire pour les enfants.

La Ruelle animée est aussi devenue le théâtre d’événements et d’activités familiales.

Info

Fondation du Dr Julien

514-527-3777

fondation@pediatriesociale.org

 

Tous
Montréal
Aménagement et urbanisme

Le Woonerf Saint-Pierre

Bel exemple de réussite : le Woonerf Saint-Pierre, inauguré au printemps 2013 dans le quartier Saint-Henri à Montréal.

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Large surface bétonnée qui recouvrait l’ancien collecteur Saint-Pierre, cet espace était devenu une immense ruelle sale et mal entretenue.

En plus d’être triste et sans âme, cette ruelle représentait également un terrible îlot de chaleur.

Grâce à la collaboration entre les autorités locales, les citoyens et d’autres intervenants, le secteur a été transformé en un très joli espace vert où piétons et vélos peuvent circuler en toute liberté et où les enfants peuvent jouer en plus grande sécurité.

Preuve du succès de l’opération, le Woonerf St-Pierre figure parmi les lauréats du concours Vers des rues plus conviviales : les meilleures mesures d’apaisement de la circulation dans la région métropolitaine de Montréal.

Info

Ville de Montréal

Arrondissement Sud-Ouest Woofnerf Saint-Pierre

Téléphone : 514 872-0311

Tous
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Aménagement et urbanisme

Ruelles vertes de Salaberry-de-Valleyfield

La municipalité de Salaberry-de-Valleyfield a entamé en 2012 une opération de végétalisation de ses ruelles.

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Grâce au travail de l’organisme « Pour un réseau actif dans nos quartiers » et à la contribution financière d'Arbres Canada et de la Fondation TD des amis de l’environnement, la municipalité de Salaberry-de-Valleyfield a entamé en 2012 une opération de végétalisation de ses ruelles.

Jusqu’ici, 3 ruelles ont été transformées en « ruelles vertes » : la ruelle du Cadrage, la ruelle de la Bobineuse et la Ruelle des Fileurs.

Cette opération de verdissement est non seulement le fruit du travail de la municipalité, mais également celui des efforts de citoyens et d’organismes communautaires locaux.

 

Info

Site web :

Pour un Réseau Actif dans nos Quartiers (PRAQ)

450 370.4387

praqcoordo@cgocable.ca

Tous
Salaberry-de-Valleyfield
Aménagement et urbanisme

Rédaction : Veille Action

Révision terrain : Kim Lalanne, conseillère en activité physique, Québec en Forme

Révision scientifique : Gabrielle Manseau, conseillère en environnement bâti et habitudes de vie saines et sécuritaires, Direction de santé publique de la Montérégie, et Marie-Chantal Fournel, agente de planification, programmation et recherche et conseillère Kino-Québec, Direction de santé publique de la Montérégie

Fiche créée le : 16 septembre 2013

Fiche révisée le : 19 septembre 2013

Références

Les liens hypertextes menant vers les sites extérieurs ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu'un lien devienne introuvable. Le cas échéant, veuillez utiliser les outils de recherche pour retrouver l'information désirée.

Photos

  • Photo principale utilisée avec la permission de Patrick Lemay/Studio Humanoid
  • Photo du woonerf Saint-Pierre utilisée avec la permission de l'Arrondissement du Sud-Ouest
  • Photo de la ruelle partagée : Vivre en Ville.
  • Photo de la ruelle La Fontaine : Pauline Picotin.

Bibliographie

Notes

1.
Niveaux d’activité physique des enfants et des jeunes au Canada, 2007 à 2009. Statistiques Canada [Consulté le 12 août 2013] www.statcan.gc.ca/pub/82-625-x/2011001/article/11553-fra.htm 
2.
L’activité physique, le sport et les jeunes. Avis du Comité scientifique de Kino-Québec. Kino-Québec. Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport. Gouvernement du Québec. (2011). Page 58. [consulté en ligne le 13 août 2013] www.kino-quebec.qc.ca/publications/ActivitePhysique_LeSportEtLesJeunes_AvisCSKQ.pdf 
3.
Activité physique en milieu scolaire : problématique. Directeur de santé publique de Montréal. [consulté en ligne le 13 août 2013] www.dsp.santemontreal.qc.ca/dossiers_thematiques/jeunes/thematiques/activite_physique_en_milieu_scolaire/problematique.html 
4.
Bulletin 04 : Activités non sédentaires des enfants et des adolescents après l'école. Sondage indicateur de l'activité physique en 2010. Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie (2011). www.cflri.ca/media/node/923/files/PAM%202010%20Bulletin%204%20-%20Activites%20non%20sedentaires%20FR.pdf 
5.
Hofferth, S. L. et Curtin, S.C., Changes in Children's Time, 1997-2002/3: Édition mise à jour, 2006. Informations citées dans Cardinal, François. Perdus sans la nature. Québec Amérique. 2003. Page 38. 
6.
Hofferth, S.L et Sandberg, J.-F., « Changes in American Children's Time, 1981-1997 », in Hofferth, S.L. et Owens, TJ., Children at the Miliennium: Where Have We Come From, Where Are We Going?, New York JAI, p. 1-7, 2001 Information tirée de : Cardinal, François Perdus sans la nature 
7.
Tappe, Karen Glanz, James F Sallis, Chuan Zhou, and Brian E Saelens. Children’s physical activity and parents’ perception of the neighborhood environment: neighborhood impact on kids study, International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity 2013, Karyn A www.ijbnpa.org/content/10/1/39 
8.
Tappe, Karen Glanz, James F Sallis, Chuan Zhou, and Brian E Saelens. Children’s physical activity and parents’ perception of the neighborhood environment: neighborhood impact on kids study, International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity 2013, Karyn A www.ijbnpa.org/content/10/1/39 
9.
Handy, S., Cao, X., & Mokhtarian, P. L. (2008). Neighborhood Design and Children’s Outdoor Play: Evidence from Northern California. Children, Youth and Environments, 18(2), 160-179 www.tc.umn.edu/~cao/Handy%20et%20al%202008_children.pdf 
10.
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