Vers un système alimentaire local, durable et axé sur la santé

image de la FAO

Résumé

Des faits

  • L'industrie agroalimentaire encourage la surconsommation d’aliments peu nutritifs.
  • Les municipalités s’intéressent aux systèmes alimentaires durables.

Les effets bénéfiques d'un système alimentaire sain et durable sur les collectivités locales

  • Meilleur accès à des aliments sains à prix abordable pour les citoyens
  • Réduction du coût de traitement des déchets.
  • Réduction des émissions de gaz à effet de serre
  • Stimulation de l’économie locale

Des actions en cours au Québec

  • Le système alimentaire de Montréal
  • Des menus sains dans les arénas et les centres sportifs
  • Les jardins communautaires
  • Les circuits courts
  • Les ceintures vertes urbaines

Des pistes d’actions

  • Faire une évaluation du système alimentaire local et régional
  • Créer un conseil de politique alimentaire
  • Adopter une charte, une politique ou une stratégie alimentaire
  • Des outils en ligne

Table des matières

 

Présentation

Le concept d'un système alimentaire favorable à la santé et à l'environnement est novateur. Il est en pleine émergence dans l’ensemble du monde, tant dans les pays riches que pauvres, tant dans les communautés rurales, isolées ou nordiques que dans les grandes agglomérations urbaines. Rappelons qu'en 2013, le thème de la Journée mondiale de l’alimentation était « Des systèmes alimentaires durables au service de la sécurité alimentaire et de la nutrition ».

Cet objectif de grande envergure demande du temps, des ressources et la mobilisation de l’ensemble des partenaires du palier local et régional. Une collaboration étroite entre le secteur public, le secteur privé, les organismes communautaires et des citoyens est essentielle pour arriver à modifier un système aussi vaste.

C’est aussi une démarche qui s’ancre dans une tendance forte : de plus en plus de citoyens souhaitent consommer des aliments locaux, régionaux ou produits au Québec. Par exemple, le 12 novembre 2013, la direction du développement durable HEC Montréal a organisé un colloque au sujet des systèmes alimentaires durables au Québec.

Sur la base de plusieurs expériences canadiennes, américaines et européennes, nous vous proposons ici un canevas de base pour influencer la façon dont les aliments sont produits, transformés, distribués et consommés dans une municipalité et une région.

Qu’est-ce qu’un système alimentaire?

Tout ce qui se passe entre le moment où un agriculteur sème son blé ou ses brocolis et le moment où nous mangeons ce blé ou ces brocolis relève d’un système alimentaire.

Toutes les personnes, les organisations, les infrastructures et les procédés qui touchent d’une façon ou d’une autre aux aliments font partie du système alimentaire.

Le système alimentaire inclut les étapes suivantes :

  • production
  • transformation
  • emballage
  • transport
  • distribution
  • mise en marché
  • vente au détail
  • gestion des surplus et des déchets

Le secteur de la restauration, les consommateurs, les personnes et les institutions qui conçoivent les politiques, les réglementations et les programmes alimentaires sont aussi des acteurs de ce système.

Système alimentaire, municipalités et régions. Le système alimentaire rejoint donc de nombreux domaines où municipalités et régions font un travail de planification : utilisation du sol, aménagement urbain, zonage, transport, développement économique, gestion des déchets, développement durable.

Le système alimentaire a aussi des effets sur le coût de la vie, sur l’environnement ainsi que sur la santé de la population[1].

Un système alimentaire durable

 Les systèmes alimentaires durables sont des réseaux de collaboration qui intègrent la production, la transformation, la distribution et la consommation de produits alimentaires et la gestion des matières résiduelles. Ils visent à accroître la santé environnementale, économique et sociale de la collectivité. 

La Fédération canadienne des municipalités[2]

Un système alimentaire durable et axé sur la santé

 Un système alimentaire sain est un système où tous les citoyens ont accès à, et ont les moyens d’acheter des aliments sécuritaires, nutritifs et variés[3], qui sont produits de façon durable et qui soutiennent nos communautés rurales. 

Table ronde sur les systèmes alimentaires de la région de Waterloo (Ontario)[4]

Changer les priorités pour que le système alimentaire soit plus sain

Système alimentaire classiqueNouveau système alimentaire

Ce système priorise la production de masse.

Ce système priorise la santé.

La nourriture ne fait pas partie des préoccupations municipales.

La nourriture est un des instruments stratégiques pour atteindre les objectifs de la municipalité.

Les forces du marché déterminent l'emplacement des commerces d'alimentation.

La planification des quartiers tient compte de l'accès aux aliments.

Le prix des aliments n'est pas en lien avec leur valeur nutritive.

Le prix des aliments favorise les choix sains.

Les enjeux alimentaires sont abordés en silo par différents services et différentes juridictions municipaux

Les solutions des enjeux alimentaires sont issues de partenariats entre les différents services municipaux et avec les organisations de la société civile.

Source : Conseil de politique alimentaire de Toronto[5].

Des faits : zoom sur les systèmes alimentaires actuels

Le secteur agroalimentaire et la surconsommation d’aliments peu nutritifs

La grande majorité des systèmes alimentaires actuels sont basés sur le profit. La santé des populations ou la préservation de l'environnement sont, la plupart du temps, des objectifs secondaires.

  • Les politiques agroalimentaires en vigueur depuis les années 1950 ne sont généralement pas axées sur la santé, selon un rapport de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Elles visent plutôt à produire une quantité suffisante de nourriture pour les consommateurs, tout en maintenant des prix raisonnables et en assurant aux producteurs agricoles un revenu équitable et stable[6].
  • L’absence de concertation entre les politiques agricoles et les politiques de santé publique nuit à la réduction de la prévalence de l’obésité dans la population, selon plusieurs chercheurs et experts[7],[8],[9],[10],[11],[12].
  • Dans la majorité des écrits scientifiques sur l’obésité, « l’industrie agroalimentaire est montrée du doigt pour avoir contribué à la "surconsommation alimentaire", à l’apparition de la "malbouffe", à la surutilisation des "logos" santé, à des pratiques de marketing abusives ciblant les enfants, à la valorisation de diètes riches en calories et faibles en nutriments ou même à une inéquation des politiques agroalimentaires et des politiques de santé[13] ».

Les systèmes alimentaires actuels : des coûts environnementaux et de santé élevés

Coûts de santé

La disponibilité accrue d’aliments hautement transformés peut contribuer au surpoids et à l’obésité, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)[14]. La FAO affirme aussi que la modification de l’ensemble des composantes des systèmes alimentaires permettrait d’améliorer l’accès à des aliments plus nutritifs et produits de façon durable pour l’ensemble de la population[15].

Coûts environnementaux

Une synthèse des données indique qu'en 2008, les systèmes alimentaires étaient à l'origine de 19 % à 29 % des émissions de gaz à effet de serre, un bilan qui pourrait être amélioré, selon les auteurs de l'étude[16].

Les systèmes alimentaires actuels, notamment parce qu'ils sont très énergivores, sont doublement fragilisés par leur dépendance aux énergies non renouvelables. En effet, d'une part, le prix des aliments est influencé par le prix des carburants et, d'autre part, les changements climatiques menacent les terres cultivables[17].

Les municipalités s’intéressent aux systèmes alimentaires durables

Au Québec, à notre connaissance, seule la Ville de Montréal se penche actuellement sur son système alimentaire de façon globale (voir la section Des actions en cours au Québec).

Un sondage mené par la Fédération canadienne des municipalités (FCM) en 2010 auprès de 115 municipalités révélait que[2] :

  • 56 % des répondants accordent une priorité moyenne ou élevée aux systèmes alimentaires durables;
  • 66 % ont indiqué qu'ils accordaient la priorité aux marchés fermiers, puis aux jardins communautaires;
  • la plupart des répondants ont intégré les systèmes alimentaires durables à leur planification actuelle ou future;
  • les groupes communautaires et les organisations non gouvernementales constituent les plus grandes sources d'information sur les systèmes alimentaires durables;
L'étalement urbain, le changement climatique et la hausse du prix des aliments sont au nombre des enjeux incitant de nombreuses municipalités à évaluer leurs systèmes alimentaires locaux et régionaux dans le cadre de leur processus de planification.

La Fédération canadienne des municipalités [2]

Un sondage réalisé en 2012 par l’Institut canadien des politiques agro-alimentaires (ICPA) révèle que :

  • 64 municipalités ou districts régionaux se sont dotés de politiques touchant un ou plusieurs des aspects de leur système alimentaire;
  • parmi les villes les plus avancées dans ce domaine, on compte Toronto, Markham, la région de Waterloo, Edmonton, et Vancouver;
  • Les provinces comptant le plus d’initiatives locales en matière d’amélioration de leur système alimentaire sont la Colombie-Britannique et l’Ontario[18].

Des effets bénéfiques

Comme le montre le schéma ci-dessous, agir pour que le système alimentaire soit plus axé sur la santé et plus durable a des effets bénéfiques sur plusieurs enjeux municipaux majeurs.

Les enjeux touchés par la mise en place d’un système alimentaire durable

système alimentaire durable

Source : Agricultural Sustainability Institute (ASI). University of California, Davis[19].

Quelques exemples d’effets bénéfiques

Achat local = réduction des coûts d’achat et renforcement de l’économie rurale

L’Université de Guelph est parmi les champions ontariens 2012 de l’alimentation locale. En 2011, en saison, la proportion de produits frais locaux achetés par les services alimentaires de l’université était de 45 %. Selon Alastair Summerlee, président et vice-chancelier de l’Université de Guelph : « Les achats institutionnels et la distribution d’alimentation locale ont non seulement contribué à réduire nos coûts, mais aussi à renforcer l’économie rurale de la région. »[20]

Composter les déchets alimentaires = économies importantes

En favorisant la réduction du gaspillage de nourriture, les municipalités font plus que contribuer à la vitalité de la planète à long terme : elles économisent du même coup beaucoup d’argent, puisqu'elles réduisent la quantité de matières résiduelle qu'elles doivent enfouir ou incinérer.

  • À Victoriaville, en 2011, la Ville a enfoui 30 % moins de déchets par habitant (217 kg/an) que la moyenne des municipalités de taille comparable (301 kg/an). Cette performance repose en bonne partie sur la collecte des matières compostables offerte par la municpalité[21].
  • Selon les données de Recyq-Québec, la collecte des déchets organiques a entraîné, en 2012, une économie de 300 000 $ de frais liés à la collecte et au transport des ordures ménagères à Sherbrooke. De plus, la Ville a réduit de 7 000 $ à 10 000 $ ses achats de compost pour les usages municipaux. Les éléments du succès de cette collecte : la mise en place d’un projet pilote pour évaluer concrètement les différents aspects liés à la collecte; un plan de communication bien préparé et bien coordonné comprenant une ligne téléphonique dédiée; et une sensibilisation continue des citoyens avec une relance des activités de communication pour favoriser une meilleure qualité de tri[22].
  • La Ville de Québec est un des partenaires de l’organisme Craque Bitume. Ce collectif a notamment installé 8 composteurs collectifs dans 3 quartiers centraux de Québec et entretient 14 vermicompostières[23]. Le vermicompost est obtenu par la transformation des déchets organiques par des vers de terre.

Réduire le gaspillage alimentaire, c'est payant

Love food hate waste En Grande-Bretagne, l’organisme à but non lucratif WRAP a été créé en 2000 afin de démontrer que les entreprises, les autorités locales, les communautés et les individus ont avantage à réduire leurs déchets. Dans le cadre du projet Love Food Hate Waste, le WRAP a mené une campagne intensive de 6 mois dans les arrondissements de l’Ouest de Londres pour inciter les résidents à réduire le gaspillage de nourriture. Le résultat a été spectaculaire puisque la quantité de déchets alimentaires a diminué de 14 % durant cette période. Sur 1 an, WRAP estime que cela représente des économies d’environ 23 millions $CAN pour les citoyens de ces arrondissements et de 2 millions $CAN pour les arrondissements. Pour chaque dollar investi dans une telle campagne, ces derniers économiseraient 8 $CAN[24].

Voir aussi « Les bons coups des conseils de politique alimentaire », dans la section sur les pistes d’actions.

Des actions en cours

Au Québec

De nombreuses actions sont en cours au Québec pour améliorer certains aspects du système alimentaire, et des projets plus globaux prennent forme. Voici quelques exemples d’initiatives municipales et communautaires.

Plan de développement d’un système alimentaire équitable et durable de la collectivité montréalaise (SAM 2025)

SAM La Conférence régionale des élus (CRÉ) de Montréal a élaboré un plan de développement d’un système alimentaire durable et équitable de la collectivité montréalaise. Amorcée en décembre 2011, cette collaboration avec plus de 100 partenaires des secteurs social, économique et environnemental a produit le document SAM 2025 : Innover pour mieux se nourrir et se développer[25]. Les objectifs suivants ont été mis de l’avant :

  • l’augmentation de l’offre de produits agricoles montréalais frais;
  • une plus grande proximité et accessibilité pour tous à une offre alimentaire de qualité;
  • le développement des compétences alimentaires des Montréalais;
  • une meilleure coordination des acteurs locaux et régionaux, ainsi que de leurs initiatives.

L’accès à des aliments nutritifs

Le succès des circuits courts. De plus en plus d’initiatives permettent aux consommateurs d’avoir accès à des aliments variés au Québec : les marchés saisonniers sont de plus en plus nombreux et le réseau de l’Agriculture soutenue par la communauté continue de se développer. Selon l’organisme Équiterre, ces circuits courts présentent de nombreux avantages, notamment : contribution au développement économique local, réduction de la distance moyenne parcourue par les aliments entre le champ et l'assiette, prix équitables pour les producteurs et avantageux pour les consommateurs. Pour consulter la carte des points de chute au Québec : www.equiterre.org/solution/carte-des-points-de-livraison.

  • 15 services de garde mangent local en Montérégie. Le Regroupement des centres de la petite enfance de la Montérégie (RCPEM), Équiterre et les 3 Conférences régionales des élus de la Montérégie se sont associés afin de mener le projet Croqu’Plaisir. Celui-ci comporte 2 volets : augmentation de l’approvisionnement local en fruits et légumes et outils éducatifs pour sensibiliser enfants, parents et éducateurs à la saine alimentation[26].
  • Des aliments sains dans les installations municipales. Plusieurs municipalités ont amélioré le menu de leurs arénas et centres sportifs, ainsi que le contenu de leurs machines distributrices. Consulter notre fiche Les Villes peuvent agir : faciliter l’accès à des aliments sains dans leurs installations pour en savoir plus.

Les jardins communautaires, scolaires et collectifs

Favoriser l'accès à des parcelles de jardins, c’est permettre aux citoyens de cultiver des aliments sains et à faible coût, 2 avantages majeurs dans une société où les maladies liées à l’alimentation sont un problème aigu de santé publique et où la pauvreté est souvent synonyme de mauvaise alimentation.

Produire la santé ensemble! La création de jardins communautaires et de potagers éducatifs fait partie des multiples initiatives du laboratoire rural Produire la santé ensemble, situé à Val-d’Espoir en Gaspésie. Cet organisme soutenu par de multiples partenaires locaux, régionaux et nationaux accompagne, développe et expérimente des « solutions collectives pour l’amélioration de la santé globale par l’accroissement de l’autonomie alimentaire »[27].

  • Plusieurs villes et villages du Québec mettent des jardins communautaires à la disposition de leurs citoyens, moyennant un montant annuel modique. Montréal est considérée comme un leader mondial avec ses 97 jardins communautaires et 75 jardins collectifs, offrant un total de 8 500 parcelles[28].

La protection des terres agricoles

  • Le plan d’urbanisme de la Ville de Montréal prévoit la préservation et la mise en valeur de la zone agricole permanente décrétée par le gouvernement du Québec. Cette zone représente près de 2 000 hectares de terrains, soit 4 % du territoire montréalais[29].

La valorisation des déchets

Notez que la valorisation des déchets reste généralement le parent pauvre des actions visant à améliorer le système alimentaire. Par exemple, selon un rapport de Recyc-Québec, seulement 12 % des résidus verts et alimentaires municipaux étaient recyclés en 2010 et seulement 10 % de la population du Québec a accès à un service municipal de compostage[30]. L’organisme déploie actuellement un ambitieux plan stratégique (2012-2017) pour[31] :

  • appuyer les municipalités, les industries, les commerces et les institutions pour qu’ils se dotent de systèmes de collecte et de traitement performants des matières organiques;
  • mettre en place des projets structurants pour le développement des marchés des matières organiques;
  • la contribution à l’acceptabilité sociale et à la mobilisation citoyenne pour la collecte et le recyclage des matières organiques.

Sémer

Source : Société d’économie mixte d’énergie renouvelable de la région de Rivière-du-Loup

En 2014, une usine de biométhanisation des boues d’abattoirs et des matières résiduelles sera construite dans la région de Rivière-du-Loup. La biométhanisation permet de produire un carburant renouvelable à partir des matières résiduelles organiques. Ces dernières sont donc détournées des sites d’enfouissement. Les effets bénéfiques prévus de cette usine dans la région de Rivière-du-Loup sont les suivants[32]:

  • Réduction de gaz à effet de serre de 8 900 tonnes d’équivalents de CO2.
  • Production de fertilisants organiques d’excellente qualité.
  • Production de 3 000 000 litres de biométhane liquéfié, soit une énergie propre qui remplace 3 000 000 litres de diesel dans le transport lourd.

Au Canada

  • 30 % d’aliments locaux. Le conseil municipal de Markham (300 000 habitants) en Ontario a adopté en 2008 une résolution prévoyant d’augmenter chaque année la proportion d’aliments locaux achetés par les services alimentaires de la Ville (garderies, écoles, universités, hôpitaux, centres de soins de longue durée). En 2010, 30 % des aliments achetés par le sous-traitant de la Ville étaient certifiés locaux et produits de façon durable[33].
  • La ceinture verte. Dans la région d’Ottawa, la Ville a la capacité de favoriser une agriculture durable et de protéger efficacement les terres agricoles des pressions immobilières, car elle est la propriétaire de 15 000 hectares, sur les 20 000 que compte sa ceinture verte[34]. Cette ceinture inclut 5 400 hectares de terres agricoles. Toronto et Vancouver se sont aussi dotées d’une ceinture verte. Une ceinture verte est « un ensemble de milieux naturels et agricoles reliés entre eux pour former des corridors écologiques en milieu urbain »[35].
  • Certification et localisation. À Ottawa, l’organisme communautaire Alimentation juste a produit une carte interactive des lieux où l’on peut trouver des produits certifiés locaux : www.justfood.ca/buylocal/index-fr.php
  • Jardins nordiques. Un plan d’action municipal a découlé de l’évaluation, en 2010, du système alimentaire de la région de Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest. Ce plan appuie la culture potagère locale et prévoit une planification et des politiques plus audacieuses concernant l'utilisation des terres agricoles[36]. La municipalité a notamment soutenu une initiative de marché maraîcher local, en rendant des parcelles de terre disponibles au jardinage[37].

Ailleurs dans le monde

  • 10 villes qui travaillent ensemble sur leur système alimentaire. Depuis mai 2012 et jusqu’en avril 2015, Lyon, Oslo, Bruxelles, Bristol et 6 autres villes européennes collaborent sur le thème « Des aliments durables pour les communautés urbaines ». Ces villes organisent des ateliers afin d’améliorer leurs politiques et leurs stratégies alimentaires. L’objectif final est d’élaborer des outils et des recommandations qui seront utiles aux autres villes européennes[38]. Ce travail se fait grâce au programme URBACT qui est principalement financé par le Fonds européen de développement régional[39].
  • Protéger les terres agricoles. La municipalité française de La Chapelle-sur-Erdre, près de Nantes, a tranché en 2010 : 26 hectares de terres ont été classés à vocation agricole, même si cet alléchant emplacement était convoité par une chaîne de magasins de bricolage. Un bail de 18 ans permet à un couple d’agriculteurs d’y produire œufs, volailles de chair et une soixantaine de légumes[40].
  • Des menus certifiés dans les écoles et les garderies. En Grande-Bretagne le système scolaire et les garderies sont sous juridiction municipale. Dans ce pays, près de 5 000 écoles et 300 garderies sont certifiées par l’organisation Soil Association sous la désignation Food for Life Catering Mark niveau Or, Argent ou Bronze. Ces établissements préparent chaque jour 700 000 repas dont les ingrédients sont frais et exempts d’additifs et d’organismes génétiquement modifiés. Les certifications Argent et Or indiquent un effort additionnel sur les aspects suivants : aliments produits de façon juste et durable, aliments locaux, repas nutritifs[41].

Pistes d’actions : comment transformer les systèmes alimentaires

Faire un état des lieux du système alimentaire local et régional

Pour bien cerner les enjeux reliés au système alimentaire local, régional ou provincial, il faut bien le connaître.

Les données du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) constituent un bon départ, de même que celles sur le nombre et le type de commerce vendant des aliments et le nombre d’emplois générés par ce vaste secteur économique.

Le portrait d’un système alimentaire durable devrait aborder les questions suivantes, selon l’organisation Appalachian Sustainable Development[42] :

  • Que cultivent actuellement les agriculteurs ou que pourraient-ils cultiver de façon profitable et durable?
  • Qui sont les acheteurs potentiels, où habitent-ils et quels sont leurs besoins de base?
  • Quels systèmes ou infrastructures seront nécessaires pour connecter ces agriculteurs et ces acheteurs et quels en sont les éléments à développer?

Selon les moyens dont on dispose, ce portrait ou état des lieux peut être sommaire ou détaillé, axé sur l’ensemble de la population ou une partie, comme les personnes vulnérables, jeunes, etc.).

Il peut aussi s’attarder à la prévalence de certaines maladies reliées à l’alimentation (diabète, par exemple). Généralement, il comporte une évaluation plus ou moins approfondie des forces et faiblesses du système alimentaire ciblé et propose des pistes de réflexion ou d’actions.

Voici 3 exemples

1. L’organisme Nature Action a fait une évaluation du système alimentaire durable en Montérégie. Ce portrait, réalisé en 2012, a été financé par La fondation de la famille J.W. McConnell[43], qui s’intéresse de près aux systèmes alimentaires durables au Canada[44].

Une des recommandations de ce rapport : la mise en place d’un centre de regroupement et de distribution des produits de la Montérégie pour consolider et diversifier l’offre de produits sains et locaux dans le marché régional.

2. Vers des environnements agroalimentaires plus sains. Québec en Forme[45] a financé la réalisation d’un portrait des environnements alimentaires du quartier Notre-Dame-de-Grâce, de la MRC Rivière-du-Nord et de la MRC Pierre-de Saurel[46].

Deux des recommandations de ce rapport : encourager le développement des circuits courts de commercialisation des fruits et légumes; augmenter l’offre de fruits et légumes dans les commerces de proximité, tels que les dépanneurs, les pharmacies et les commerces de restauration rapide.

3. Le portrait du système alimentaire de la région de Bristol, au Royaume-Uni, a été publié en 2012. Financé par le National Health Service de Bristol et le conseil municipal, cet état des lieux alimentaire contient une mine de données, de graphiques et d’études de cas.[47]

Il inclut une évaluation des forces et des faiblesses du système alimentaire régional, et une analyse des menaces qui pèsent sur lui.

La réflexion sur le système alimentaire régional de Bristol est résumée en 8 points dans le diagramme suivant :

système alimentaire régional de Bristol

Source : Joy Carey, Consultante en systèmes alimentaires durables, Royaume-Uni.

Parmi les nombreuses recommandations de ce volumineux rapport, celle-ci se distingue : « Tous les commerces alimentaires de détail et les entreprises de préparation alimentaires devraient avoir un espace de stockage de leurs déchets afin de faciliter le recyclage des aliments et le compostage. »

Créer un conseil de politique alimentaire et y déléguer du personnel municipal

Les conseils de politique alimentaire : nombreux hors Québec Inexistants au Québec pour le moment, les conseils de politique alimentaire sont nombreux aux États-Unis, en plein boom au Royaume-Uni[48], et actifs dans une trentaine de villes et régions du Canada[49]. Plusieurs sont issus de la publication d’un portrait d’un système alimentaire local ou régional.

Qu’est-ce qu’un conseil de politique alimentaire?

Un conseil de politique alimentaire (CPA) est une organisation bénévole qui rassemble tous les acteurs du système alimentaire. Sa mission : examiner le fonctionnement d’un système alimentaire et fournir des idées, des moyens et des recommandations sur la façon de l’améliorer[49]. Les CPA sont aussi parfois appelés comités aviseurs, groupes de travail, alliances, coalitions ou encore, tables rondes.

Un conseil de politique alimentaire concentre les compétences et la réflexion autour d’un thème commun. Il permet d’avoir une vision globale et de mettre en place des actions concertées.

Quelques exemples

  • Au Canada, le plus ancien CPA est celui de Toronto, créé en 1991[50]. Celui-ci compte même une aile jeunesse : le Toronto Youth Food Policy Council (TYFPC)[51].
  • Vancouver, Edmonton, Calgary, Kamloops[52], mais aussi de petites villes, comme New London au Connecticut (27 000 habitants)[53] et des communautés autochtones, comme Del Norte County en Californie et Muscogee Creek Nation en Oklahoma (2012)[54] se sont aussi dotées d’un CPA.
  • Des lieux nordiques comme la région de Yellowknife (2010)[36] et l’Alaska (2010)[55] ont suivi le même chemin. Le CPA de l’Alaska réunit 100 organisations et citoyens[56].

Le CPA, un outil efficace! La création d’un conseil de politique alimentaire (CPA) semble être un des outils les plus efficaces pour repenser les systèmes alimentaires urbains [49].

Que font les conseils de politique alimentaire?

Comme le montre le schéma ci-dessous, les travaux des conseils de politique alimentaire influencent et sont influencés par tous les secteurs de l’économie et de la société.

politiques alimentaires

Les bons coups des organismes oeuvrant sur le système alimentaire aux États-Unis

Les organismes qui travaillent pour créer un système alimentaire plus sain et plus durable ont toujours le développement économique local et régional dans leur ligne de mire.

Aux États-Unis, les initiatives locales et régionales menées par les CPA et des organismes communautaires ont généré les effets suivants entre 2005 et 2010[57] :

  • Emplois et entreprises : création de 2 600 emplois; démarrage ou renforcement de 3 800 micro-entreprises; fabrication de 548 nouveaux produits alimentaires à valeur ajoutée.
  • La demande pour des produits locaux. Depuis 2005, 3 630 organisations, dont 2 700 écoles, ont commencé à acheter des produits locaux. En 2010, c’est plus de 500 organisations qui ont fait ce choix.
  • Marchés fermiers. La création, en 2010, de 90 nouveaux marchés fermiers a généré des ventes de 1,7 million $US.
  • Création de 30 cuisines collectives.
  • Préservation de 3 000 acres (1 600 hectares) de terres agricoles.
  • Agriculture à échelle humaine. En 2010, 40 politiques favorables aux petites et moyennes fermes ont été mises en vigueur.

Le financement des conseils de politique alimentaire

Vancouver CPA Selon un rapport de l’Institut canadien des politiques agro-alimentaires (ICPA), publié en juin 2013, les liens des CPA canadiens avec les gouvernements municipaux sont plus ou moins étroits : certains, comme ceux de Vancouver, Edmonton et Calgary sont financés et hébergés par la municipalité.

D’autres sont des organisations hybrides de la société civile et du gouvernement municipal avec lequel elles travaillent en étroite collaboration (Kamloops, région de Waterloo, Ottawa, par exemple).

Selon l’ICPA, le CPA idéal dispose d’un financement stable et suffisant et ses membres ont des connaissances pointues en systèmes alimentaires[58].

Adopter une charte, une politique ou une stratégie alimentaire

En se dotant d’une charte, d’une politique ou d’une stratégie alimentaire durable, une municipalité ou une région choisit de placer la santé de ses citoyens et la protection de l’environnement au centre de ses choix et décisions.

1. Les chartes alimentaires

Une charte alimentaire n’a généralement pas force de loi. C’est plutôt un ensemble d’« énoncés de principe qui présentent une vision du développement d’un système alimentaire juste et durable »[59].

Selon le réseau collaboratif FoodNet Ontario, une charte alimentaire a de nombreux avantages. Elle permet notamment[60] : - la mobilisation des citoyens grâce à leur participation aux consultations publiques; - une plus grande cohérence des différentes politiques municipales déjà en vigueur; - une plus grande collaboration des différents acteurs concernés; - une réduction des émissions de gaz à effets de serre.

  • La Ville du Grand Sudbury a adopté en 2004 une charte alimentaire couvrant les 4 aspects suivants : la santé et le bien-être de la population; le développement communautaire; les investissements dans le système régional alimentaire et la mise au point d’un système alimentaire durable[61].
  • La charte de la Ville de Thunder Bay, adoptée en juillet 2013, est similaire à celle du Grand Sudbury, mais ses objectifs sont formulés de façon différente : renforcer le développement économique communautaire; assurer la justice sociale; encourager la santé de la population; célébrer la culture et la collaboration, préserver l’intégrité environnementale[62].
  • Le Conseil de politique alimentaire de Newcastle (Royaume-Uni) a travaillé avec les secteurs public, privé et communautaire pour créer sa charte alimentaire, adoptée en juillet 2013. Celle-ci comporte 5 objectifs : des aliments sains pour tous; un renforcement de l’économie locale; un système alimentaire équitable; la protection de l’environnement et une culture alimentaire locale forte[63]. D’autres villes de ce pays, comme Durham, Plymouth et Cardiff se sont dotées de chartes alimentaires similaires[48].

Des recommandations pour une politique alimentaire fédérale. Le Réseau pour une alimentation durable* (RAD) a publié en avril 2011 un document synthèse intitulé Du pain sur la planche : une politique alimentaire populaire pour le Canada.

Fruit de 2 ans de travail et de la participation de 3 500 Canadiens, ce document propose les avenues suivantes pour un système alimentaire sain, juste, prospère et durable[64] :

  • Favoriser les circuits courts entre les producteurs et les consommateurs.
  • Encourager les producteurs à employer des techniques écologiques tant en milieu rural qu’en milieu urbain.
  • Mettre en œuvre un programme d’élimination et de prévention de la pauvreté afin que tous les Canadiens aient accès à des aliments sains et abordables.
  • Concevoir et financer une stratégie alimentaire spécifique pour que tous les enfants canadiens aient accès à des aliments sains.
  • Permettre aux citoyens, particulièrement ceux qui sont vulnérables, de s’impliquer dans les décisions qui influencent le système alimentaire.

*Le Réseau pour une alimentation durable (autrefois appelé Sécurité alimentaire Canada (Food Secure Canada)) est un groupe de pression. Il s’agit d'une alliance pancanadienne d’organisations de la société civile et d’individus[65].

2. Les politiques et les stratégies alimentaires

Les documents de politique et de stratégie alimentaires sont le fruit d’une longue réflexion et de consultations multiples : en arriver à un rapport final demande du temps, 1 an et plus, et des ressources. La mise en oeuvre de la stratégie se fait de façon progressive généralement sur un horizon de 10 ans et plus.

Ces politiques et stratégies alimentaires peuvent exister par elles-mêmes lorsqu’elles sont exhaustives, ou être une sous-section d’un plan d’action général de la municipalité. Elles peuvent aussi faire partie du plan municipal de gestion des changements climatiques, de son plan de développement durable, ou de son plan de gestion des terres agricoles[66].

La réflexion sur les systèmes alimentaires est assez récente. Les chartes et les stratégies de villes et régions ont donc, sauf exception, été adoptées dans les dernières années. Voici quelques exemples illustrant les différents chemins pris par les villes, ainsi que la diversité des objectifs fixés.

  • Dès 2003, le plan d’action de La coalition Terre à coeur de Sudbury, en Ontario, incluait une section sur le système alimentaire. Quelques exemples des actions à mettre en œuvre par la Ville et ses partenaires dans la version 2010 de ce plan : soutenir la transformation commerciale locale et à petite échelle des aliments; mettre en œuvre un programme de collecte des déchets organiques à l’échelle de la ville et appuyer l’inclusion d’aliments locaux dans la Boîte de bonne bouffe du Grand Sudbury[67].

Toronto Food Connections En juin 2010, la Direction de santé publique de Toronto a adopté la stratégie alimentaire élaborée par le Conseil de politique alimentaire[68]. Elle s’est engagée à soutenir les différents services municipaux à réaliser les actions prévues par cette stratégie, ainsi qu’à leur fournir des outils permettant d’en évaluer les effets. Parmi les actions à mettre en oeuvre : intégrer systématiquement l’alimentation dans les projets concernant les 13 quartiers prioritaires de la Ville; expansion de l’incubateur des entreprises alimentaires; implanter au terminal alimentaire un système d’étiquetage des aliments locaux produits de façon durable afin que les commerçants puissent les identifier facilement; soutenir les banques alimentaires pour qu’elles puissent offrir plus d’aliments sains et variés; collaborer avec des groupes de parents, les commissions scolaires et le gouvernement provincial pour que les connaissances alimentaires soient plus présentes dans le curriculum scolaire[69].

shades of local

  • À Edmonton, la stratégie adoptée en 2012 a été conçue de façon à être intégrée aux plans d’actions, priorités et budgets existants. Ce document détermine précisément ce qu’est un aliment local : la distance maximale a été fixée à 600 km et la stratégie privilégie les aliments produits dans une zone de 100 km ou moins autour d’Edmonton[70]. Parmi les nombreux objectifs de cette stratégie, la Ville souhaite éliminer graduellement l’usage de vaisselle et d’ustensiles à usage unique dans toutes les agences municipales[71].
  • La Ville de Malmö, en Suède, a adopté sa politique alimentaire durable en 2010[72]. Un des objectifs : que d’ici 2020, 100 % des aliments achetés par les agences municipales soient biologiques. La mise en place a commencé dans les écoles; fin 2009, 43 % des aliments servis dans les cafétérias scolaires étaient certifiés biologiques[73]. Malmö veut aussi réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre générées par l’approvisionnement alimentaire de ses agences, par rapport au taux mesuré en 2002[74].

Des outils en ligne

Comment faire un portrait alimentaire local ou régional

L’organisme Nature Action a fait une évaluation du système alimentaire durable en Montérégie. Pour consulter en ligne ce portrait réalisé en 2012 : Évaluation du système alimentaire durable en Montérégie.

Québec en Forme a financé la réalisation d’un portrait des environnements alimentaires du quartier Notre-Dame-de-Grâce, de la MRC Rivière-du-Nord et de la MRC Pierre-de Saurel : Vers des environnements agroalimentaires plus sains.

La Politique de souveraineté alimentaire, publiée en 2013 par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation présente un intéressant portrait alimentaire du Québec (pages 8 à 19). Politique de souveraineté alimentaire.

En collaboration avec l’Université Simon Fraser, le ministère de la Santé de la Colombie-Britannique a produit 2 documents visant à aider les communautés à dresser un portrait de leur environnement alimentaire (en anglais seulement) : - BC Provincial Health Services Authority. Community Food Assessment Guide (2008) - BC Provincial Health Services Authority. Community Food System Assessment (2009) A Companion Tool for the Guide.

L’Université Davis (Californie), par son programme Sustainable Agriculture Research and Education (SAREP), a évalué la viabilité de plusieurs systèmes alimentaires et proposé des moyens pour les renforcer. Pour consulter en ligne les portraits de 5 comtés californiens (en anglais seulement).

Recycler les matières organiques : par où commencer?

Recyc-Québec propose des scénarios de gestion des matières organiques selon la taille de la municipalité : Choix d'un scénario de gestion des matières organiques le plus favorable.

Comment démarrer un jardin scolaire

La Ville de Québec est un des partenaires de l’organisme Craque Bitume, qui a produit un guide sur le démarrage d’un jardin écologique en bacs en milieu scolaire. Le document est téléchargeable à l’adresse suivante : www.craquebitume.org/agriculture-urbaine/jardinant.

Rédaction : Veille Action

Révision terrain : Julie Strecko, Dt.P., conseillère en alimentation, Québec en Forme

Révision scientifique : Martine Pageau, Dt.P., M.A, Service de la promotion des saines habitudes de vie, ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS)

Mise à jour le : 1er avril 2014 Fiche créée le : 22 novembre 2013

Références

Illustration

Illustration principale : Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (2013). La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture. Mettre les systèmes alimentaires au service d’une meilleure nutrition. Résumé.

Bibliographie

Notes

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