Veille - Alimentation

Veille Express | Coup d’œil sur la recherche

La recherche sur les environnements et les politiques favorables aux saines habitudes de vie est foisonnante. Voici quelques études et publications qui ont retenu l’attention de l’équipe de rédaction de Veille Action au cours des dernières semaines.

Sauf indication contraire, les textes complets de ces études et rapports sont directement accessibles dans internet.

Environnements et politiques favorables aux saines habitudes de vie

Politiques alimentaires : une plateforme web pour inspirer les décideurs. Le World Cancer Research Fund International est une autorité mondiale en matière de recherche sur les liens entre l’alimentation, le poids, l’activité physique et le cancer. Cette organisation a mis en place la plateforme web NOURISHING, dont l’objectif est d’inciter les décideurs à mettre en place un cadre politique dans le but d’améliorer l’environnement alimentaire des citoyens. La plateforme recense, pour chaque pays, les réglementations et politiques appliquées dans trois domaines : l’environnement alimentaire, le système alimentaire et les campagnes incitant le public à modifier ses comportements alimentaires. On peut explorer cette base de données, pays par pays, mais aussi par type de politique ou de programme en vigueur. Par exemple, on peut trouver ici, la liste des pays qui mettent en œuvre des interventions en matière d’éducation et de compétences culinaires.

Portrait mondial de l’(in)activité physique. Le Global Observatory for Physical Activity détaille pays par pays, les informations suivantes concernant l’activité physique : la proportion d’habitants respectant les recommandations, la proportion des décès liés à l’inactivité physique, le portrait de la recherche sur ces deux thèmes, la mise en œuvre ou non d’une enquête ou d’une stratégie nationale, ainsi que le rang du pays (le Canada est 3e), selon une pondération de tous ces aspects. Ce site contient également un almanach de l’évolution des connaissances en matière d’activité physique de 1953 à 2016.

Maximiser l’impact des politiques de santé favorables aux saines habitudes de vie. Cette analyse menée par deux chercheuses australiennes souligne que dans les dernières années, beaucoup de gouvernements nationaux, régionaux et locaux, ont mis en place des politiques visant à améliorer les environnements alimentaires et l’accès à l’activité physique. Les auteures formulent 3 recommandations qui amélioreraient l’impact de ces politiques, ainsi que la progression de leur mise en place : approfondir la réflexion afin de déterminer quels sont les secteurs où ces politiques pourraient être appliquées, améliorer la compréhension de la meilleure façon de combiner des politiques intégrées et des interventions et mieux comprendre comment ces politiques peuvent avoir des effets sur l’équité en santé. Nous avons obtenu le texte complet de cette étude en communiquant avec l’auteure principale.

A Peeters, K Backholer. How to influence the obesity landscape using health policies, Int J Obes (Lond), 2017 Jan 27.

Obésité

Un cadre d’action axé sur l’équité. Cette analyse détaillée trace le portrait d’un cadre d’action en prévention de l’obésité visant les populations et les communautés pour lesquelles le maintien d’un poids santé est un défi majeur. Parmi les initiatives de prévention favorisant l’équité en santé, on compte le renforcement des capacités des communautés et la réduction des obstacles aux saines habitudes de vie dans les situations de désavantage socio-économique systématique.

Shiriki Kumanyika. Getting to Equity in Obesity Prevention: A New Framework. Perspectives | Expert Voices in Health & Health Care, January 18, 2017. National Academy of Medicine.

Antibiotiques et indice de masse corporelle des enfants. Des chercheurs américains ont utilisé une base de données électronique pour vérifier l’effet de la prise d’antibiotiques sur la prise de poids des enfants. En scrutant les données concernant 8 793 mères et leur enfant, les auteurs ont constaté qu’il existe un lien entre un indice de masse corporelle plus élevé à 3 ans et la prise d’antibiotiques, particulièrement au cours de la première année de vie. Plusieurs recherches antérieures sont arrivées à des conclusions similaires. Les auteurs soulignent que les antibiotiques nuisent à la flore intestinale (microbiote) ce qui pourrait expliquer le lien, puisque cette flore joue un rôle dans le métabolisme humain. Dans cette étude, le lien entre la prise d’antibiotiques durant la grossesse et un poids plus élevé des enfants à 3 ans n’a pas été établi.

Poulsen MN et collab. Associations of prenatal and childhood antibiotic use with child body mass index at age 3 years. Obesity (Silver Spring). 2017 Feb;25(2):438-444.

Évolution de l’obésité en Suède : les années charnières. Les chercheurs ont utilisé les données de la cohorte prospective BMI Epidemiology STudy (BEST) qui suit les garçons nés à Gothenburg depuis 1946. Les auteurs de cette étude ont mis en lumière trois années charnières : l’épidémie d’obésité a commencé en 1971, a atteint un sommet en 1991 et a commencé à reculer en 2006. Comme l’obésité des enfants est fortement associée à l’obésité à l’âge adulte, les auteurs émettent l’hypothèse que le déclin de l’obésité des jeunes va entraîner, au cours des prochaines décennies, un déclin équivalent de l’obésité chez les hommes adultes. Nous avons obtenu le texte complet de cette étude en communiquant avec l'auteure principale.

Bygdell M et collab. The rise and the recent decline of childhood obesity in Swedish boys: The BEST cohort. Int J Obes (Lond). 2017 Jan 25.

Alimentation

Pourquoi les parents achètent-ils des plats préparés? Une enquête menée auprès de 160 parents d’enfant de 8 à 12 ans a fait ressortir 6 raisons principales qui motivent l’achat de plats prêts à manger. Le manque de temps pour préparer autre chose (57 %) arrive en 1re place, suivi par « toute la famille apprécie ces plats » (49 %). Les autres motifs sont les suivants : ces plats sont faciles à préparer pour les enfants (33 %); ils sont peu coûteux (27 %); « je ne sais pas quoi faire d’autre » (22 %) et « c’est le seul plat que toute la famille va manger » (11 %). Les chercheurs notent que 5 de ces 6 raisons sont reliées à la difficulté de planifier des repas et à un faible sentiment d’auto-efficacité pour préparer des repas sains, et ce, quelle que soit leur situation socio-économique. Les auteurs recommandent d’explorer quelles sont les interventions qui permettraient aux parents de développer leurs compétences culinaires.

Melissa L. Horning, Jayne A. Fulkerson, Sarah E. Friend, Mary Story. Reasons Parents Buy Prepackaged, Processed Meals: It Is More Complicated Than “I Don't Have Time. Journal of Nutrition Education and Behavior, Volume 49, Number 1, 2017.

Les fruits au dépanneur : pas plus chers que les croustilles. Au cours de cette étude, des collations ont été achetées dans 325 dépanneurs du New Jersey situés à proximité d’une école. Dans 104 des commerces où des fruits prêts à manger étaient offerts, le prix de ceux-ci était comparable à celui des croustilles, quel que soit le quartier où se trouvait le magasin ou son chiffre d’affaires. Les auteurs concluent que la promotion des fruits prêts à manger dans les dépanneurs est une stratégie viable pour favoriser l’achat de collations plus saines, puisque les propriétaires de ces commerces n’auraient pas à réduire le prix des fruits prêts à manger.

Robin S. DeWeese, Punam Ohri-Vachaspati. Cost of Children's Healthy vs Unhealthy Snacks Does Not Differ at Convenience StoresThe Journal of Nutrition Education and Behavior (JNEB). Published online: January 7, 2017. Nous avons obtenu le texte complet de cette étude en communiquant avec l’auteure principale.

Veille Action – 20 février 2017