Veille - Activité physique

Veille Express | Coup d’œil sur la recherche

La recherche sur les environnements et les politiques favorables aux saines habitudes de vie est foisonnante. Voici quelques études et publications qui ont retenu l’attention de l’équipe de rédaction de Veille Action au cours des dernières semaines.

Sauf indication contraire, les textes complets de ces études et rapports sont directement accessibles dans internet.

Activité physique à l’école

Courir ou marcher 1 mile par jour = des élèves qui maintiennent mieux leur poids. Des étudiants d’une école rurale de l’Oklahoma ont été invités à participer à un programme d’activité physique : le Middle School Opportunity for Vigorous Exercise (MOVE) consistait à marcher 1 mile par jour et à participer ensuite à un sport d’équipe comme le basketball, le soccer, le football, le ballon-chasseur ou le volleyball. Les 60 écoliers de 11 à 15 ans (dont 58 % étaient des autochtones) ayant participé au programme pendant toute une année ont vu leur indice de masse corporelle se maintenir (filles) ou diminuer (garçons). Par contre, les jeunes n’ayant pas participé ont vu leur BMI augmenter, quel que soit leur sexe.

Eichner JE et collab. A Physical Activity Intervention and Changes in Body Mass Index at a Middle School With a Large American Indian Population, Oklahoma, 2004-2009. Prev Chronic Dis. 2016 Dec 1;13:E163.

Activité physique et sédentarité des tout-petits

Qu’est-ce qui favorise l’activité chez les tout-petits? Une étude longitudinale menée en Suisse a permis de déterminer 12 éléments qui influencent l’activité physique et la sédentarité chez les enfants de 2 à 6 ans. Certains de ces facteurs ne sont pas surprenants : les garçons sont plus actifs que les filles, les enfants plus âgés sont plus actifs que les plus jeunes et les tout-petits ayant une bonne motricité globale bougent davantage. Les chercheurs ont aussi constaté un lien robuste entre le tempérament des enfants (tendance à être actif ou pas) et leur activité physique. Et, contrairement aux attentes, le niveau d’activité physique des parents et leur implication dans les activités physiques de leurs tout-petits n’avaient pas d’influence sur les comportements actifs ou sédentaires de ces derniers. Les résultats indiquent également que les jeunes vivant dans une famille monoparentale sont plus actifs et moins sédentaires que ceux vivant avec deux parents.

Einat A. Schmutz et collab. Correlates of preschool children’s objectively measured physical activity and sedentary behavior: a cross-sectional analysis of the SPLASHY study. International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity201714:1.

Image corporelle


Crédit photo : World Obesity Federation

Parler de poids corporel avec les enfants : comment s’y prendre? Des chercheurs britanniques ont scruté 38 études portant sur la façon dont les parents échangent avec leurs enfants au sujet de leur poids. Ils en ont tiré 4 constats : encourager son enfant à perdre du poids est associé à une réduction de son bien-être; critiquer le poids de son enfant est associé à des troubles alimentaires chez les filles; encourager son enfant à avoir de saines habitudes de vie n’a pas d’effet négatif; les interventions qui sensibilisent les parents à une communication positive sont bénéfiques au bien-être des jeunes.

Gillison FB et collab. Can it be harmful for parents to talk to their child about their weight? A meta-analysis. Prev Med. 2016 Oct 14;93:135-146.

Nous avons obtenu le texte complet de cette étude en communiquant avec l’auteure principale.

Publicité ciblant les enfants

Céréales à déjeuner sucrées : l’influence de la publicité sur les tout-petits. Des chercheurs américains ont effectué un sondage auprès de 548 parents du New Hampshire ayant au moins un enfant âgé de 3 à 5 ans. Les résultats indiquent qu’il existe un lien clair entre l’exposition des enfants à la publicité télévisée et le nombre de marques de céréales sucrées qu’ils consomment. Les auteurs soulignent le fait que même si les fabricants de ces produits disent cibler les jeunes de 6 à 11 ans, les techniques de marketing utilisées influencent aussi les plus jeunes. Sur les 10 marques mentionnées dans le sondage, 9 contenaient 10 g ou plus de sucre par portion de 28 g.

Longacre MR et collab. Child-targeted TV advertising and preschoolers' consumption of high-sugar breakfast cereals. Appetite. 2016 Oct 14;108:295-302.

Nous avons obtenu le texte complet de cette étude en communiquant avec l’auteure principale.

Obésité et difficultés motrices ou cognitives


Coordination œil-main.
Des chercheurs irlandais ont comparé la coordination œil-main de 44 personnes obèses (IMC ˃ 40) à celle de 44 personnes dont l’IMC était normal. Parmi les sujets obèses, aucun ne souffrait de maladies susceptibles de nuire à leur vision ou à leur motricité (rétinopathie, arthrite, douleur chronique au bras, etc.). Le test consistait à synchroniser le mouvement du bras droit avec celui montré sur un écran d’ordinateur. Les sujets obèses ont nettement moins bien performé que les sujets du groupe contrôle, ce qui inquiète les chercheurs, car la coordination œil-main est essentielle à la réalisation de nombreuses tâches quotidiennes.

Gaul D et collab. Impaired Visual Motor Coordination in Obese Adults. J Obes. 2016;2016:6178575.

Étudiantes en surpoids et performance académique. Cette étude a été menée au Québec auprès de 280 étudiantes fréquentant la même université : 22,1% d’entre elles étaient en surpoids et 10,1 %, obèses. Les résultats indiquent que les étudiantes en surpoids et obèses ont rapporté un sentiment d’efficacité scolaire et des notes plus faibles que leurs consœurs, ainsi que des symptômes dépressifs plus intenses.  Les chercheuses recommandent d’offrir des ateliers visant à améliorer le sentiment d’efficacité académique aux étudiantes en surpoids.

Aimé A et collab. Can weight predict academic performance in college students? An analysis of college women's self-efficacy, absenteeism and depressive symptoms as mediators. J Am Coll Health. 2016 Dec 2:1-8.

Nous avons obtenu le texte complet de cette étude en communiquant avec l’auteure principale. Le manuscrit de l’étude est temporairement accessible ici.

Perte de poids et fonctions cognitives. Plusieurs études indiquent que les personnes en surpoids sont plus susceptibles de souffrir de démence ou de la maladie d’Alzheimer que celles dont le poids est normal. Des chercheurs italiens et britanniques ont donc scruté les résultats de 13 études longitudinales et de 7 essais contrôlés randomisés incluant en tout plus de 1 000 sujets. Leur méta-analyse révèle que les personnes obèses ou en surpoids ayant perdu intentionnellement du poids ont vu leurs fonctions cognitives s’améliorer au chapitre de la mémoire, de l’attention, du langage et des fonctions exécutives. Les chercheurs soulignent toutefois que les données sont insuffisantes, et les études de trop courte durée, pour établir un lien entre la perte de poids et la prévention de la démence et de la maladie d’Alzheimer.  

Veronese N et collab. Weight loss is associated with improvements in cognitive function among overweight and obese people: A systematic review and meta-analysis. Neurosci Biobehav Rev. 2016 Nov 24;72:87-94.

Nous avons obtenu le texte complet de cette étude en communiquant avec l’auteur principal.

Veille Action – 9 janvier 2017