Veille - Activité physique

Encourager le transport actif : revue des politiques à la portée des décideurs

Il est possible d’encourager la marche et le vélo, dans les villes nord-américaines, à l’aide de mesures concrètes et de politiques bien ciblées, rappelle l’organisme Active Living Research.

Après avoir analysé les études sur le sujet, publiées entre 2009 et 2015, Active Living Research vient de produire un rapport de synthèse qui permet de dégager les grands principes dont devraient s’inspirer les décideurs soucieux d’encourager le transport actif.

D’abord, une question de sécurité

Selon ce rapport, il est crucial, d’une part, de doter les villes d’infrastructures qui permettent de séparer piétons et cyclistes du flot des véhicules automobiles. Ensuite, il est essentiel de mettre en place des mesures d’atténuation qui limitent à la fois la vitesse et le volume du trafic automobile.

Les environnements plus sécuritaires encouragent la pratique du vélo, ce qui peut déboucher sur le fameux principe de la « sécurité par le nombre ». Les études montrent que plus les cyclistes sont nombreux sur un parcours donné, plus celui-ci est sécuritaire. Ce principe de la « sécurité par le nombre » vaut aussi pour les piétons.

D’autres données montrent, en outre, que la diminution des limites de vitesse se traduit par une réduction des accidents avec blessures de 25 % dans les quartiers résidentiels et de 10 % sur les grandes artères. D’autre part, en limitant la vitesse de déplacement des véhicules motorisés, on rend d’autant plus attrayante l’utilisation du vélo puisque, sur de courtes distances, la durée du trajet peut avantageusement se comparer à celle de l’automobiliste. 

Les 5 D de l’environnement bâti

Pour encourager le transport actif, les infrastructures dédiées ne suffisent pas. Plusieurs variables dans l’aménagement des quartiers sont susceptibles d’influencer les habitudes des cyclistes et des piétons. Ce sont les 5 D : Densité, Diversité, Design, Destination et Distance.

Prises individuellement, ces variables ont peu d’impact. Mais une fois combinées, elles peuvent créer un véritable effet d’entraînement. À titre d’exemple, une plus grande densité de population, de logements, de lieux de travail, de commerces et d’intersections sécuritaires réduit les distances de parcours ce qui en retour favorise la marche et le vélo.

Un bouquet de mesures

Afin d’encourager le transport actif, il est essentiel de coordonner un ensemble de mesures diverses, ajoutent les auteurs de ce rapport. Outre les infrastructures et les aménagements, cela peut comprendre des politiques tarifaires (incitatifs monétaires en faveur du transport actif), des campagnes d’éducation et des réglementations qui amoindrissent les avantages perçus de la conduite automobile.

À ce titre, les auteurs rappellent que les études sont formelles : la conduite automobile est une activité sédentaire associée à l’embonpoint et l’obésité tandis que le transport actif représente une excellente occasion de se maintenir en santé.

Source : Active Living Research

Veille Action - 19 janvier 2016